- L'agriculture contribue encore pour 2% à la croissance annuelle de la Valeur Ajoutée
- 61% des entreprises sont des PME avec un CA annuel inférieur à 500 millions FCFA
- 13 % des entreprises réalisent un CA supérieur à 25 milliards FCFA
- 85 % de l'activité économique se concentre au Sud.
L'AGRICULTURE

- 9,5 millions d'hectares cultivés (sur 24 millions cultivables)
- Climat tropical humide très propice aux cultures en particulier en basse Côte d'Ivoire
- Agriculture assez diversifiée (vivriers, cultures de rente, cultures industrielles).
PRINCIPALES PRODUCTIONS
- Cacao : 1 200 000 à 1400000 tonnes/an (ier producteur mondial)
- Café : 55 millions de sacs = 130 000 tonnes 6èmcrang mondial
- Cola : 50 000 à 75 000 tonnes (1er rang mondial)
- Huile de palme : 273 000 tonnes
- Hévéa : 130 000tonnes Sucre : 170 000tonnes
- Igname : 3 198 000 tonnes (3ème rang mondial)
- Manioc : 1 700 000 tonnes
- Riz : 500 000 tonnes
- Bovins : 1 700 000 têtes
- Ovins et Caprins : 3 000 000 têtes
- Volaille : 8 500 000 têtes.
INFRASTRUCTURES
Des infrastructures marquées par une volonté d'ouverture sur l'extérieur. Plaque tournante du trafic aérien ouest-africain, la Côte d'Ivoire compte trois aéroports internationaux, dont l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, entièrement rénové, qui constitue maintenant le hub de l'Afrique de l'Ouest. Desservie par 25 compagnies aériennes internationales, la destination Côte d'Ivoire est la plus accessible de la sous-région.
Le réseau routier s'étend sur 70.000 km de routes dont 5.500 km de routes bitumées et 150 km d'autoroute dont il est prévu un développement en direction du Nord et de l'Est.
Deux ports internationaux, Abidjan et San-Pedro, font de la Côte d'Ivoire la zone de transit et de transbordement privilégiée de la sous-région. Le port d'Abidjan (13 millions de tonnes de marchandises) est le premier port thonier de la sous-région.
Enfin un réseau de télécommunication de plus en plus fiable se met en place avec un leader privé, Côte d'Ivoire-Télécom, qui vient d'installer 290.000 nouvelles lignes et a modernisé ses équipements (numérisation et fibre optique). La téléphonie cellulaire est en pleine expansion, dépassant régulièrement les prévisions de développement des principaux opérateurs.
Enfin, la Côte d'Ivoire dispose d'un noud Internet et d'ores et déjà le développement de cybercafés et des abonnements privés signalent l'engouement des Ivoiriens pour ce mode de communication.
INDUSTRIE
Elle contribue pour 20% au PIB
- 50% des entreprises réalisent un CA inférieurs 1 milliard FCFA
- Croissance brute : 3,5 % sur 1991/2001
- Meilleures performances récentes : eau, électricité, mécanique auto, extractions minières (+ 63%) en 2003
- Industries frappées par la guerre : BTP, agro-industries
- Industries en difficulté du fait de cette guerre (approvisionnements difficiles, usines détruites ou fermées) textiles et sucre.
COMMERCE
- 10% des entreprises du secteur réalisent un CA supérieur à 2,5 milliards FCFA
- La guerre a fait chuter de 35% à 60% les activités liées au tourisme et au transport
- Les filières NTIC se portent bien en raison du dynamisme des communications (la téléphonie cellulaire)
STRUCTURE DE L'EMPLOI
- 1 390 000 emplois dont 9/10 dans le privé
- 72 000 fonctionnaires, 15 000 employés dans les entreprises publiques, 228 000 dans le secteur privé formel, 980 000 dans l'informel, 15 000 dans l'associatif
ECHANGES EXTERIEURS
- En raison des événements survenus depuis l'année 2000, les exportations ont chuté de plus de 50% passant de 3 456 milliards FCFA en 2002 à 1 417 milliards en 2003
- Dans le même temps les importations ont augmenté de 10% - 1 813 milliards en 2002, 2 046 000 en 2003. La France est le premier fournisseur de la Côte d'Ivoire avec 21 % du total importé. Elle est son 2èms client avec 12,4% du total exporté, le 1er rang revenant loin devant aux Pays-Bas (19 %) qui importent majoritairement du cacao (terminal spécial au Port de Rotterdam).
Industrie ivoirienne : bien placée pour s'imposer
Tout naturellement l'industrie ivoirienne est née de la volonté de transformer surplace une bonne partie des produits de l'agriculture. En gros, aujourd'hui l'industrie manufacturière domine à 80% le secteur secondaire qui fournit d'une année à l'autre un peu moins de 25% du PIB. Bâtiment et travaux publics comptent pour 10% tandis que l'énergie et les mines représentent 15% du secteur. L'industrie emploie 100 000 personnes travaillant dans quelque 700 entreprises. Les plus importantes de celles-ci relèvent de la Fédération nationale des industriels de Côte d'Ivoire. Une cinquantaine d'entre elles assurent 75% de la valeur ajoutée.
D' une diversité et d'une vitalité uniques dans cette i partie du monde, l'industrie ivoirienne a été très atteinte - en bien et en mal - par les effets de la dévaluation de janvier 1994. Les entreprises important beaucoup d'intrants en provenance des pays du Nord ont été gravement touchées, à la fois par le renchérissement des importations et par la contraction de la demande intérieure. En revanche les industries exportatrices -café soluble, huile de table, conserves de poissons et de fruits, cosmétiques, boissons, textiles etc.... - ont connu une durable embellie puisque, traditionnellement concurrencés sur les marchés de la sous région par les exportations du Nord, les produits ivoiriens se sont dès lors révélés très compétitifs, à qualité égale. En attendant la publication prochaine d'un ouvrage de statistiques intitulé La Côte d'Ivoire en chiffres, par le ministère des Finances, les chiffres fiables concernant l'industrie proviennent principalement de la Fédération des Industriels. Ils sont à recouper avec ceux de la Douane et de l'Institut national de la statistique. Néanmoins, de grandes tendances peuvent être dégagées par secteur.
AGRO-ALIMENTAIRE
Ce secteur fournit 25% du PIB secondaire. Les fabrications sont directement liées aux produits du sol ivoirien, toujours très productif en dépit de tout.
- CACAO Les récoltes du 1er producteur mondial qu'est la Côte d'Ivoire s'accroissent chaque année depuis bientôt 10 ans. On est aujourd'hui à 1 200 000 tonnes de fèves dont moins de 20% transformées sur place en masse, beurre, tourteaux et même chocolats en tablette et poudre [voir article cacao).
- CAFE La production ne dépasse plus guère les 150000 tonnes depuis plus de 10 ans en raison de la désaffection des planteurs, rebutés par des prix d'achat très bas. Nestlé Cote d'Ivoire transforme annuellement 20 000 tonnes de cerises de robusta en café soluble et deux torréfacteurs traitent 1000 à 2000 tonnes pour la consommation de café moulu ou en grains pour la consommation en Côte d'Ivoire et dans les pays d'Afrique de l'Ouest. Le robusta y est généralement enrichi d'arabica dans une proportion de 35 à 65% selon les marques.
- BANANES-ANANAS Traitées hors champ dans des stations modernes de conditionnement, les bananes partent majoritairement pour l'exportation tandis qu'une partie des ananas fait l'objet d'une transformation en tranches et jus. La présence de sucre local a favorisé la création de petites unités de production de confiseries et de confitures.
- SUCRE Ce secteur très sensible se porte mal depuis plusieurs années. La guerre, qui a entraîné la fermeture des sucreries installées sur les complexes agro-industriels de canne du Nord - a aussi permis les entrées massives de sucre ? moins cher ? produit au Burkina Faso. La consommation nationale est de l'ordre de 160 000 tonnes par an.
- OLEAGINEUX Développé sur plus de 100 000 hectares en basse côte à partir des années 60, le plan palmier à huile, encouragé par la Banque Mondiale et l'Union Européenne, a permis d'assurer l'auto-suffisance de la Côte d'Ivoire en corps gras alimentaires autorisant même le pays à exporter des produits élaborés allant de l'huile de table aux savons et aux cosmétiques appréciés dans toute l'Afrique de l'Ouest/
- BRASSERIE Le groupe français CASTEL (BGI) domine ce secteur prospère qui produit annuellement pour le marché national pius d'un million d'hectolitres de bière et 400 000 hectolitres de boissons gazeuses allant du Schweppes au Coca en passant par les Sodas divers et les malts avec ou sans alcool.
PRODUITS DE LA MER
Abidjan est un haut lieu de la transformation du thon péché par des flottes étrangères et mis en boîte en zone portuaire par 2 sociétés à capitaux français - Pêche et Froid (OPTORG) et SCODI (Saupiquet). De l'ordre de 60 000 tonnes /an les exportations annuelles de thon se chiffrent autour de 150 milliards FCFA et représentant la 4éme richesse exportée par le pays.
CAOUTCHOUC
Premier exportateur africain, la Côte d'Ivoire produit actuellement 130 000 tonnes de caoutchouc naturel par an dans une dizaines d'usines situées dans la zone productrice - en Basse Côte. Les perspectives longtemps discutées sont aujourd'hui reconnues très favorabies (voir article hévéa).
TEXTILES
La filière part des champs de coton du Nord et du Centre et va jusqu'à la bonneterie et au prêt-à-porter de très bonne facture. Depuis 2 ans, en raison des troubles qui accablent le Nord du Pays, la production a évidemment beaucoup de mal à être commercialisée et vendue. La cherté, voire l'absence des intrants ont en outre perturbé la productivité des plantations. La production cotonnière est le fait de milliers de petits planteurs. La première transformation est dominée par le groupe malien Kagnassy (l'Aiglon) la banque Rivaud (Bolloré) et les Ismaéliens d'IPS qui se sont partagé l'ex parc d'unités d'égrena-geCIDT. En aval, on trouve de grosses unités de filature et tissage ( Cotivo - Utexi - FTC) et des unités de teinture et impression (Texicodi et Uniwax). La production est de grande qualité et les impressions d'une originalité reconnue dans le monde entier. Le marché local absorbe 50% des produits de filature tissage qui fournissent à l'exportation des millions de tonne d'écrus, des serges, du drap, du denim pour les jeans. Les impressions sont à 90% absorbées par le marché local, très demandeur, en raison du phénomène de la mode, exceptionnellement dynamique en Côte d'Ivoire.
LE BOIS
Ce fut l'un des secteurs pionniers de l'industrie ivoirienne. Mais, sur-exploitée, la forêt se fait pauvre en bois transformables. Aujourd'hui on compte tout au plus une grosse centaine de scieries qui traitent environ 80% de la production soit un volume de l'ordre d'un million de tonnes de produits finis. La transformation secondaire (parquets, contre plaqués, menuiserie, ébéniste-rie) progresse, encore que trop modestement.
PHARMACIE
Le marché privé ivoirien consomme quelque 120 milliards FCFA de médicaments par an dont 10% à peine produits localement et 90% en provenance majoritaire de France - S'y ajoutent les achats destinés aux hôpitaux publics soit environ 12 milliards par an en spécialités et produits génériques. L'usine locale de médicaments Cipharm (à capitaux ivoiriens suisses et français) produit des médicaments de base représentant en volume 10% de la consommation - Le prix élevé des médicaments et l'absence de couverture sociale ont, comme en de trop nombreux pays en voie de développement, favorisé l'apparition d'un marché parallèle de produits médicamenteux douteux qui ont fini par représenter au moins 5% du marché. Ils coexistent avec la pharmacopée traditionnelle toujours très utilisée.
BATIMENT / TP
Les grands chantiers de l'éléphant d'Afrique ont dans les années 95 relancé ce secteur porteur et pourvoyeur d'emplois, qui assure 10% de la valeur ajoutée du secteur industriel. Avec la guerre, les grands chantiers sont arrêtés, de même que les grands programmes de logements sociaux élaborés en 97- 98. De 175 milliards en 1997 la valeur ajoutée parce secteur s'établit aujourd'hui autour des 150 milliards FCFA.
PLASTIQUES
Tous les besoins du marché sont couverts par l'industrie locale. Cela va des chaussures aux bâches agricoles, des sachets plastiques à la vaisselle, des câbles électriques au matériel d'irrigation. Les industriels ivoiriens de ce secteur réalisent également de bonnes performances à l'exportation dans toute l'Afrique. Principaux opérateurs, le groupe Eurofind mais aussi MIPA, GIC, Alibert, Polyplast etc..
EMBALLAGES ET CONDITIONNEMENTS
Aluminium, carton, jute, plastique, synthétique -Tous les matériaux sont utilisés dans ce secteur particulièrement diversifié et prospère de l'industrie ivoirienne-50% de la production va à l'a-gro-industrie (cartons export pour les fruits frais notamment). Principaux opérateurs : Filtisac (Croupe IPS) - Sonaco (Croupe Rossman) - Embassy.
AUTRES INDUSTRIES
Carénage, toitures métalliques, produits laitiers, prêt-à-porter, parfumerie, et cosmétiques, chimie, poudres à laver et détergents, pâtes alimentaires,farines, carrelages, fers à béton, galvanisations, rembobinage, peintures et vernis, gaz domestique, imprimeries... Tout un monde ou plutôt des mondes à découvrir dans les longues zones industrielles qui cernent Abidjan : la Zone 4, Vridi et surtout Yopougon. Une diversité très surprenante, avec beaucoup de capitaux libanais et français investis malgré la crise qui dure et perdure. Un outil de production intact et réellement compétitif en Afrique subsaharienne.
L 'or brun reste la valeur sûre de I'écononie Ivoirienne
Premier producteur fournissant à elle seule 40% du cacao mondial, la Côte d'Ivoire tire évidemment de cet or brun de très substantiels revenus ! 1 200 000 à 1 400 000 tonnes de cacao par an, cela veut dire au bas mot 1 000 à 1 300 milliards de FCFA dont 400 milliards au titre de la fiscalité et des contributions diverses. C'est donc bien ce qu'il est convenu d'appeler un enjeu énorme et on comprend sans peine fa nervosité immédiate sur les marchés mondiaux dès les premières détonations qui ont éclaté en septembre 2002 à quelques semaines de l'ouverture de la campagne principale. Sans surprise, du fait des difficultés d'acheminement des fèves vers les ports d'Abidjan et San Pedro, les tonnages écoulés ont donc baissé (-10%) mais comme le droit unique de sortie DUS avait été relevé, c'est 254,6 milliards de taxes à l'exportation qui ont été encaissées par l'état ivoirien en 2003, en pleine guerre.
Les planteurs ont eu moins de chance, les énormes quantités produites ont brutalement fait chuter les cours, passés de 625 F en 2002 à 365 F en 2003. La baisse des cours trouve aussi son explication dans la relative fluidité des achats et ventes, 2002/2003. Ces énormes fluctuations sont depuis toujours presque classiques sur les marchés du cacao. D'où la persistance d'un secteur d'activité très complexe, très juteux et parfois même très dangereux où les spéculateurs jonglent avec des millions détonnes de fèves non encore produites et des milliards de dollars plus ou moins virtuels. Pour tenter de protéger le monde paysan, la Côte d'Ivoire avait dès son indépendance constitué un organe de régulation appelé Caisse de Stabilisation qui pouvait, éventuellement, servir de coffre-fort â la République. Démembrée sur insistance de la Banque Mondiale et autres institutions qui jugeaient sa gestion opaque, la Caisse a été remplacée par divers organes dont les planteurs se sont vus confier la gestion. Il s'agit de l'ARCC chargé de la réglementation, de la Bourse de Commercialisation (BCC), et du Fonds de Régulation (FRC). Par ailleurs les producteurs, groupés en coopératives ou syndicats, ont également créé d'autres entités dont les plus importantes sont le FDPCC (Fonds de Développement et de Promotion des activités Café-Cacao) et l'ANAPROCI.
PLANTEURS ET HOMMES D'AFFAIRES
Alimentés par des prélèvements sur les achats de café et cacao aux producteurs, ces puissants groupements ont pour objectif premier d'accroître le revenu des planteurs ce qui impose la réorganisation des filières, la modernisation des exploitations, la formation et toutes actions permettant d'assurer sur le long terme la bonne tenue des marchés.
Les masses financières revenant à ces groupements leur permettent déjouer un rôle très important dans l'économie nationale, d'autant que les producteurs, devenus hommes d'affaires au travers de leurs structures d'encadrement, réalisent effectivement de gros investissements dans différents secteurs de l'économie nationale pour diversifier leurs ressources. C'est ainsi que le FDPCC a récemment acquis un élevage industriel de volailles, COCO-SERVICE, situé sur un immense terrain à Abobo, aux portes d'Abidjan. Ce fonds est également présent dans une structure d'exportation de café - cacao (5IFCA-COOP), une centrale d'achat (CACC) et une grosse entreprise de forage de puits (FOREXI). Par ailleurs une unité industrielle de transformation du cacao ayant appartenu à NESTLé aux USA et une filiale ivoirienne du Groupe Bolloré sont en cours d'acquisition au travers du FRC. L'ensemble du secteur est en pleine turbulence. 75 à 80 % du cacao de la Côte d'Ivoire est exporté en fèves. Le reste est usiné dans le pays par des unités de première transformation (masse, beurre et tourteaux) à capitaux américains. (ADM et CARGILL) ou européens (MOI et BARRY CAILLE-BEAUD). Ce dernier opérateur est également présent en 2ème transformation avec une usine de fabrication de chocolat à destination des marchés de l'UEMOA (CHOCODI).
Label éthique et lobbyins Dans ce paysage quelques inquiétudes sont à lever. L'une concerne le vieillissement du verger mais... si l'on replante systématiquement, (comme cela se fait au Ghana) il est à craindre, que dans 5 à 10 ans, des récoltes records précipitent les cours en dessous du seuil rentable pour les planteurs. Mieux vaudrait donc, à ce stade, travailler la qualité du produit qui, faute d'encadrement, est moins bien trié et séché que par le passé. Au-delà de ces préoccupations d'ordre technique, les producteurs ivoiriens doivent aujourd'hui affronter un danger aussi inattendu que redoutable : la montée en puissance dans les pays consommateurs (notamment les USA) de groupes de pression qui exigent une production totalement éthique . Diverses associations menacent de faire bloquer l'entrée du cacao ivoirien sur le marché américain si des enfants continuent d'être employés à la cueillette des cabosses. Comment définir aujourd'hui ce qui est tolérable dans le cadre d'une exploitation familiale ? Pour le grand public américain le terme plantation renvoie directement aux immenses champs de coton et au temps de l'esclavage - Alors que le même mot désigne en Côte d'Ivoire une multitude de champs minuscules. Ici 600 000 planteurs travaillent sur des surfaces unitaires souvent inférieures à 1 hectare. Et comme il n'y a pas assez d'écoles et encore moins de garderies en milieu villageois, les enfants accompagnent leurs parents aux champs et s'y rendent utiles. Rien de condamnable dans cette activité familiale ! Le challenge est d'empêcher l'arrivée en Côte d'Ivoire d'une main-d'oeuvre enfantine importée des pays sahéliens voisins par diverses filières aussi rentables que clandestines. Un label éthique doit donc être mis en place au terme d'une procédure contrôlée par un organisme neutre de certification. Ce sera long mais c'est possible. Et il faudra le faire très largement savoir au-delà des mers aux consommateurs les plus exigeants. Certains planteurs vont peut-être devoir délaisser la machette pour aller s'initier aux subtiles stratégies de lobbying dans les couloirs du Sénat américain. Voilà le nouvel enjeu du cacao ivoirien !